Fait religieux en entreprise : le bilan que tout directeur juridique doit connaître.

Lutte contre le sexisme

25 janvier, la Journée nationale de lutte contre le sexisme.

20 January 2026
Les obligations du donneur d'ordre envers ses sous-traitants

Fait religieux en entreprise : les 6 documents indispensables à mettre à jour

15 September 2026
Lutte contre le sexisme

25 janvier, la Journée nationale de lutte contre le sexisme.

20 January 2026
Les obligations du donneur d'ordre envers ses sous-traitants

Fait religieux en entreprise : les 6 documents indispensables à mettre à jour

15 September 2026

Fait religieux en entreprise : le bilan que tout directeur juridique doit connaître.

Source : Baromètre du fait religieux en entreprise 2024 — Institut Montaigne

71,3 %. C’est la proportion d’entreprises françaises signalant des situations marquées par le fait religieux en entreprise en 2024 — niveau record depuis la création du baromètre en 2013, en hausse par rapport aux 66,7 % de 2022. Pour tout directeur juridique ou responsable compliance, ce chiffre est un signal d’alerte : la gestion de la religion en entreprise n’est plus un sujet marginal. C’est une réalité opérationnelle qui engage la responsabilité de l’organisation.

Une présence qui s’intensifie : trois niveaux de densité

Le baromètre distingue trois niveaux de densité qui permettent d’évaluer l’exposition réelle d’une organisation.

Densité faible : une présence anecdotique

53 % des situations. Présence sans impact sur le travail ni sur les relations professionnelles : une demande de congé pour fête religieuse, un signe discret.

Densité modérée : des ajustements managériaux

24 % des situations. Des ajustements managériaux sont nécessaires, mais la situation reste maîtrisable avec les bons outils.

Densité forte : la zone de risque juridique

23 % des situations. Le fait religieux pèse significativement sur les relations, le fonctionnement organisationnel et la réalisation du travail. C’est ici que se concentrent les risques juridiques : dans ces configurations, 46 % des managers perçoivent les comportements religieux comme négatifs et perturbateurs. Une part stable par rapport à 2022, mais élevée.

Les faits religieux au travail les plus fréquents en 2024

Port visible de signes religieux : +60 % en deux ans

Le port visible de signes religieux est désormais le fait le plus fréquemment signalé, cité par 34 % des managers contre 21 % seulement en 2022 — une progression de 60 % en deux ans.

Demandes d’absence et d’aménagement du temps de travail

27 % des situations, une proportion stable par rapport à l’édition précédente.

Comportements négatifs à l’égard des femmes

15 % des situations, contre 13 % en 2022. Ces comportements — refus de travailler avec une femme ou sous ses ordres — constituent des discriminations directes exposant l’employeur à des poursuites.

Prosélytisme et stigmatisation

Le prosélytisme représente 4 % des situations et peut constituer un harcèlement moral s’il est répété. La stigmatisation d’une personne représente également 4 % des situations et engage la responsabilité de l’employeur si elle n’est pas traitée

Discrimination religieuse au travail : une progression alarmante

32,5 % des managers observent régulièrement ou occasionnellement des situations de discrimination religieuse au travail en 2024, contre 19,3 % en 2019. La progression est continue et elle accélère.

Le baromètre distingue deux formes de discrimination religieuse que toute organisation doit savoir identifier et traiter.

Stigmatisation dans les relations professionnelles

Mise à l’écart lors des moments de socialisation : 37 % des situations discriminatoires. Le judaïsme est particulièrement touché, avec des situations de stigmatisation fréquente passées de 2 % à 15 % entre 2022 et 2024.

Discrimination dans les processus RH

Recrutement, plannings, promotions, répartition des responsabilités : 71 % des situations de discrimination à l’embauche concernent des candidats musulmans. Chacune de ces situations expose l’employeur à des sanctions pénales.

Enfin, 41 % des salariés pratiquants ayant subi des stigmatisations ont envisagé de quitter leur entreprise. La discrimination religieuse est aussi un problème de rétention des talents.

Comment capter ces situations avant le contentieux ?

Tensions et conflits : une progression continue depuis 2013

La part des interventions managériales générant des tensions ou des conflits liés à la religion au travail est passée de 6 % en 2013 à 23 % en 2024. Dans les situations à forte densité religieuse, ce chiffre atteint 35 %. Malgré ces tensions, seuls 13,5 % des managers concernés ont pris des sanctions disciplinaires — ce qui révèle moins une indifférence qu’un déficit d’outillage.

Ce que cela signifie pour votre organisation

Ces données traduisent trois risques concrets pour tout directeur juridique ou responsable conformité : un risque de contentieux (discrimination non traitée, harcèlement toléré), un risque RH (turnover des salariés stigmatisés) et un risque réputationnel. La bonne nouvelle : la grande majorité de ces situations se règlent avec les bons outils, en amont.

Votre organisation est-elle protégée face aux alertes liées au fait religieux ?

Alertcys met à disposition un dispositif de recueil et de gestion des alertes professionnelles répondant aux exigences de la loi Sapin 2 et de la loi Waserman.

Source : Baromètre du fait religieux en entreprise 2024 — Institut Montaigne / Observatoire du Fait Religieux en Entreprise, Lionel Honoré, Université de Bretagne Occidentale. 1 348 managers et 1 401 salariés pratiquants interrogés.